« Ne t'en fais pas » semble une phrase anodine, mais pour une personne stressée, elle peut être non seulement inutile, mais aussi néfaste. Cette phrase est souvent perçue comme...
« Ne t'en fais pas » semble une phrase anodine, mais pour une personne stressée, elle peut être non seulement inutile, mais aussi néfaste. Cette phrase est souvent perçue comme une façon de nier les expériences vécues. Le psychologue Guy Winch, dans son livre « Premiers secours émotionnels », explique que le déni des émotions empêche leur traitement.
Quand on dit « Ne t'inquiète pas », le cerveau humain, et notamment l'amygdale, continue de paniquer. Au lieu de recevoir du soutien, il interprète cela comme « Ton problème n'est pas important ». Robert Sapolsky, professeur de neurobiologie à l'université de Stanford, décrit en détail comment le stress active des réactions primitives, inhibant ainsi la pensée rationnelle.
Imaginez une mère de trois enfants de 35 ans confrontée à des difficultés financières à Moscou. Entendre « Ne t'inquiète pas » ne la rassure pas pour sa famille, mais renforce au contraire son sentiment d'isolement. Cette dévalorisation la pousse au repli sur soi, plutôt qu'à chercher une aide concrète ou à exprimer ses émotions.
Les données scientifiques confirment que le cortisol et l'adrénaline, hormones du stress, perturbent le fonctionnement du cortex préfrontal, responsable de la maîtrise de soi. L'injonction à « ne pas s'en faire » ignore cette réalité physiologique. Une étude publiée dans la revue Psychological Science en 2019 a démontré que la suppression des émotions en accroît en réalité l'intensité.
Au lieu de vaines paroles, faites preuve d'empathie. Demandez : « Que puis-je faire pour toi ? » ou « Je vois que tu traverses une période difficile. » Un simple « Je suis là » ou « Je t'écoute » de la part d'un proche, comme un ami de 28 ans, a beaucoup plus de valeur. Cela crée le sentiment de sécurité nécessaire pour faire face au stress.
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